2506 / 17.10.2025 / fensterinform gmbh ©

Remontée de résine et migration de colophane sur les fenêtres en pin

Sur les fenêtres en bois peintes dans des tons clairs, il arrive régulièrement de voir apparaître des taches brunâtres, plus particulièrement pendant ou juste après la phase de construction. Ces taches ne résultent pas d’une malfaçon, mais d’un processus physique et plus précisément de la «migration» de composants naturels du bois, comme le colophane et les acides résiniques.

Du fait de leur aspect chaleureux et naturel et de leur bonne usinabilité, les bois de pin figurent parmi les essences les plus appréciées pour la fabrication de fenêtres. Dans le même temps, elles imposent des exigences particulières en matière de systèmes de revêtement. Dans certaines conditions, des remontées de résine ou la migration de colophane peuvent se produire aboutissant à des colorations brunâtres et rougeâtres en surface.

À fois résineux et gras, le bois des pins contient aussi beaucoup d’acides résiniques qui confèrent à la matière sa résistance naturelle. Le colophane est l’un des composants principaux de la résine, il s’agit d’un mélange d’acides résiniques, stocké sous forme solide dans le bois. Si le bois est en contact avec l’humidité et/ou la chaleur (à partir d’environ 60 °C), ces substances peuvent se liquéfier et parfois se détacher. Elles migrent alors vers la surface en empruntant le réseau de pores et de capillaires du bois; ce phénomène est appelé migration du colophane. Les colorations qui en résultent se démarquent plus particulièrement sur les peintures claires et blanches. Les composants résiniques qui ont migré colorent la couche de peinture à certains endroits d’une couleur ocre à brun-rougeâtre.

Durant la phase de construction, les matériaux comme le béton, la chape ou les enduits apportent de grandes quantités d’eau dans le gros-œuvre. L’évaporation de cette eau augmente considérablement l’humidité relative dans les pièces. Si, durant cette phase, les fenêtres sont déjà en place, les éléments en bois absorbent cette humidité. Le surplus d’humidité dans le bois favorise l’activation et la migration des acides résiniques. Au cours du processus de séchage qui s’ensuit, lorsque le bois évacue à nouveau l’humidité, les substances détachées sont emportées jusqu’à se déposer en surface, où elles forment des taches brunâtres et rougeâtres dans la couche de peinture.

Les revêtements pour bois modernes sont des matériaux à diffusion ouverte. En d‘autres termes, ils laissent passer l’humidité dans une certaine mesure pour éviter les tensions dans le bois et augmenter ainsi sa durée de vie. Cette propriété est nécessaire, mais présente l’inconvénient de permettre à de faibles quantités de composants détachés du bois d’accéder à la surface. Les primaires d’isolation ou les barrières d’étanchéité peuvent réduire cet effet, mais elles ne l’excluent pas totalement.

D’un point de vue technique, les remontées de résine ne constituent ni un défaut de revêtement ni un défaut du matériau; il s’agit simplement de la manifestation d’une interaction entre le bois, l’humidité et l’environnement qui s’explique en termes de physique du bâtiment. Malgré tout, pour le client, ce phénomène doit être considéré comme un défaut visuel qu’il ne devra pas forcément tolérer. Il est de la responsabilité de la direction de chantier (et par conséquent indirectement de celle de la maîtrise d’ouvrage) d’assurer une gestion proactive de l’humidité sur le chantier, afin d’éviter un taux d’humidité de l’air prolongé qui initierait le processus décrit ci-dessus. Parallèlement, il est du ressort du fabricant de fenêtres d’appliquer une structure de revêtement adaptée à ce type d’essence, afin de prévenir dans la mesure du possible les conséquences visibles.

Pour réduire les risques, il est recommandé de procéder à un contrôle final de la surface après l’application de la dernière couche sur les éléments en bois, de mettre en œuvre des procédures de gestion systématique de l’humidité ainsi que d’assurer, pendant l’utilisation du bâtiment, une aération suffisante (dans le cas de constructions neuves, idéalement au moyen d’une aération mécanique contrôlée). De plus, le fabricant de fenêtres devra exposer préalablement à son client la problématique susceptible de se poser dans le cas de fenêtres en pin. Il pourra proposer d’autres essences de bois (par ex. l’épicéa) ainsi qu’un revêtement optimisé, que le client pourra commander.

En règle générale, les zones de décoloration peuvent être réparées par un traitement de peinture.

Conclusion:

Les remontées de résine et les migrations de colophane sur les fenêtres en pin sont des réactions naturelles à l’humidité, à la chaleur et à la diffusion. Elles peuvent être gênantes visuellement, mais n’entraînent aucun risque technique. Un contrôle de sortie exhaustif en atelier, un contrôle systématique de l’humidité dans le bâtiment ainsi qu’une information claire de toutes les parties prenantes permettront d’éviter les situations critiques et les malentendus.

Concernant les conséquences générales de l’humidité du bâtiment sur les fenêtres et les composants de l’enveloppe, nous vous renvoyons à notre bulletin d’Actualités techniques 2311.

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